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29 décembre 2010 3 29 /12 /décembre /2010 21:05

Il est environ 13 heures et le bateau est accroché au quai, ça y est nous devons descendre. Le port est tout petit et ce bout de terre semble bien sympathique. Le soleil est lui aussi bien présent aujourd’hui. On attend l’agent et après avoir réglé tous les papiers administratifs on dit de tristes au revoir aux gens de l’équipage. Un petit coup d’œil derrière nous et nous laissons notre bateau sur le quai.

Après avoir retrouvé le numéro de notre couchsurfeuse sur internet, on lui passe un petit coup de fil et on se retrouve sur Cayenne quelques heures plus tard. En même tant qu’on la retrouve sur la place des palmistes on voit débarquer 2 autres voyageurs, un petit bonjour et la discussion commence. Joanna les invite aussi et tous ensembles, on part à la maison. Nos 1ères impressions sont plutôt bonnes, le centre ville est tout petit et bien tranquille.

Joanna habite avec 4 autres personnes, un uruguayen, une belge, un israélien et un Français. On débarque donc à 4 couchsurfeurs avant que 2 brésiliens nous rejoignent un peu plus tard et sans compter Cléo qui est aussi couchsurfeuse mais là depuis 2 semaines. Sans bien sûr oublier les 2 chiens, les bébés chats et leur maman. Heureusement que tout le monde est super cool et qu’il y a de la place à la maison. Commence alors de longues présentations et de longues discutions avec tout le monde avant notre 1er dodo sur la terre ferme colloc à Montjoly

Le lendemain, après le petit déjeuner et après avoir dit au revoir au 2 brésiliens nous partons tous ensemble faire une petite ballade vers une jolie plage et profiter de la mer à 25°.

plage vers Montjoly 1

plage vers Montjoly

Ici la mer n’est pas turquoise car la forêt amazonienne rejette beaucoup de sédiments ce qui donne une couleur brunâtre à l’eau. De retour à la maison, après avoir testé une autre plage on prépare un énorme poisson qu’on nous a offert et on se fait un petit repas bien sympathique. Il faut dire que les 2 brésiliens sont partis mais 2 potes aux autres couchsurfeurs sont arrivés et parmi tout le monde à la maison il y a 2 cuisiniers ce qui rend les choses plus faciles.

Vendredi nous partons avec Gaeline faire le petit sentier des salines au bord de la plage pour découvrir un peu la faune du coin. C’est très joli, il y a des panneaux explicatifs sur les plantes du coin et une petite mangrove très sympathique.

sentier des salinesOn rencontre aussi Aurore qui nous propose de nous amener à St Laurent lundi car elle a loué une voiture et à plusieurs ce serai plus cool. Le lendemain, c’est samedi qui signifie jour de marché à Cayenne. Nous partons alors avec Kami visiter le marché et manger une soupe chinoise !!!! Eh oui la Guyane est composée d’énormément de populations d’origines différentes (les chinois, les Hmongs (originaires du Laos), les noirs narrons, les noirs, les créoles, les « métros » etc….) c’est assez hallucinant, c’est un peu le dom refuge de plein de gens, ce qui rend la Guyane très ouverte, très intéressante et accueillante.

 

L’après midi nous partons faire une petite marche sur le sentier du Rorota et par chance nous voyons un paresseux (qui porte vraiment bien son nom ) , des singes et notre 1ère mygale bien cachée dans son petit cocon. sentier-du-rorota.jpg

paresseux au rorota

singe écureuil au rorota

mygale au rorota

La Guyane commence à nous dévoiler ses aspects et avec les bonnes rencontres que nous faisons on apprécie énormément cet endroit. La végétation ressemble un peu à celle des Antilles, mais bien plus humide et dense.

En fin de soirée une de nos hôtes, Sandrine, nous amène dans une association qui s’occupe des paresseux victimes de la déforestation ou d’accident. C’est une troupe de gens super motivés et super sympas qui possède une bonne 15zaine de spécimens. Certains restent à la maison pour toujours et deviennent les mascottes de l’asso, les chéris de la famille, d’autre sont là juste le temps de les remettre sur patte et de les remettre dans leur environnement. Il y a deux espèces de paresseux, les « unaus » qui ont 2 griffes aux pates avant et six vertèbres et les « aïs » qui ont trois griffes et neufs vertèbres. Les unaus sont beaucoup plus gros et peuvent être bien plus agressifs s’ils se sentent en danger. Les aïs sont vraiment très lents alors que les unaus sont un peu plus vifs.

paresseux à l'assoc

Le paresseux descend une fois par semaine de son arbre pour faire ses besoins. C’est vraiment un bel animal très gracieux mais en voie de disparition car comme il est lent, il est facile de le chasser et sa chaire est bonne. En plus de la déforestation qui le menace fortement.

 paresseux-a-l-assoc-2.jpg

 

Aujourd’hui lundi nous avons RDV avec Aurore pour partir à l’ouest de la Guyane, à St Laurent du Maroni à environ 230kms (le Maroni est le fleuve qui sépare la Guyane du Surinam). Steph et Cléo sont là aussi. Sans se presser nous partons vers 10-11h. Nous faisons  quelques escales sur la route et décidons de nous arrêter à 30km de St Laurent pour aller manger un morceau dans le village de Mana. Arrivé à l’entrée du village……………..c’est la panne !!!!!!!!!!! La voiture broute et s’arrête au milieu de la route. Il est 13h30 environ.  Tous les garages sont fermés à cette heure, on verra donc après le repas:-). On se trouve un petit resto et on mange un bon repas local. Après tout ça on appelle  l’agence de location et finalement ce n’est pas un garage qu’on trouve mais un petit réparateur. Il nous trouve la panne vite fait mais la réparation est un peu longue. On repartira de ce village à environ 18h. Un vrai super moment à discuter avec les gens locaux dans un petit village assez typique.

On arrive donc à St Laurent et là l’indication pour retrouver nos nouveaux hôtes  c’est : vous rentrez dans l’hôpital avec la voiture et vous prenez à gauche ! Un peu étonné, on s’exécute, on tombe alors sur un tout vieux bâtiment en bois pourri !!!! mon dieu où on est tombé encore !!!!internat St-Laurent

Un gars nous fait signe depuis le haut, c’est bien là !!!!!!! oupsss !!!!!! On monte les 2 escaliers aussi en bois bien vieux et là on arrive dans un "squat de luxe’’. Trop fort, avec une vue incroyable sur la ville, de grands espaces, des grandes chambres, 2 cuisines, 2 grandes salles de bain, de la peinture, du bois franchement la classe. Mais le plus magique dans cet endroit c’est quand même les gens qui y habitent. Une quinzaine d’internes en médecine, de divers horizons de France. Ils sont, pour la plupart, là pour 6 mois. L’ambiance est très sympathique, il y a du monde tout le temps et les discutions vont bon train.

amigos les internes 

 

Nous visitons  la petite ville de St-Laurent, bien plus calme que Cayenne, partons nous balader dans la forêt, et visitons le bagne l’après-midi. 

cellule-du-bagne.jpg

Les prisonniers difficiles de métropole (France) y était envoyé pour correction. On dit souvent qu’ils « cassaient du cailloux » car ils ont construits eux-mêmes leur prison et une partie de la ville de St-Laurent. Les personnes envoyées dans ce bagne n’en ressortaient jamais, ou seulement pour aller sur l’île du Salut, dans un autre bagne (un livre et un film raconte l’histoire d’un prisonnier… « Papillon »).

 

bagne-de-St-Laurent.jpg

Les prisonniers étaient répartis dans différentes parties selon le degré de fautes et de punitions…Il y avait une partie spéciale pour les « libérés », qui en fait ne l’étaient jamais vraiment. Lorsqu’ils sortaient, ils n’avaient aucun moyen de trouver du travail et n’avaient aucun argent,  ils finissaient donc toujours  par refaire une connerie et retourner au bagne. L’endroit laisse une impression bizarre, un peu de mal être, comme si la mort rôdait encore autour de la guillotine. (ça fait un peu penser au donjon qu’on a vu au Ghana…).

 

Le mercredi nous partons en pirogue pour se balader un peu sur le fleuve et faire une petite incursion au Surinam, de l’autre coté, à Albina. On a alors un bref aperçu de la vie Surinamaise, on achète un peu de mangeaille et pour certains, des cigarettes, bien moins chères qu’en Guyane !!!Albina, Surinam 1

Ici on parle le néerlandais, puisque le Surinam était anciennement une colonie hollandaise. Albina, SurinamLa langue locale est aussi le taki-taki, ou occanisi parlé par les gens qui habitent au bord du fleuve,  côté guyanais et surinamais. Avec la pirogue, on se laisse aller au bord du fleuve et on peut apercevoir  plusieurs villages ou maisons indigènes. Nous nous arrêtons auprès d’une d’elle pour manger et se protéger du gros orage qui a percé. Quelques familles habitent là  et attendent que le chaman finisse sa préparation de plante pour le grand nettoyage (purification) de fin d’année. Nous rentrons plus tôt que prévu puisque la pluie ne veut pas cesser, elle tombe en trombe.

 

Le lendemain, nous partons en expédition direction Apatou, un peu en contrebas du fleuve. Apatou est un petit village bien tranquille et nous arrivons au moment où tous les élèves embarquent sur les pirogues pour rentrer chez eux. Ici pas de bus pour le transport scolaire, mais des pirogues  !!! Nous voulons aller nous baigner et on nous dit que le mieux est d’emprunter la route  « 6 kilomètres », et qu’au bout, il y a une belle crique. Commence alors la piste 6 kilomètre parsemée de trous et de boue… et finalement notreles-filles-qui-poussent---.jpg voiture s’embourbe dans une bonne flaque et nous sommes coincés…2ème aventures avec la voiture !!! Après de franche rigolade et un peu de pousser pour sortir la voiture de là, nous décidons de continuer à pied.

 

 

 

 

 

ptite rivière sur la piste 6km

 

 

 

 

 

 

On ne trouvera jamais la crique, mais tout de même une petite rivière toute jolie.

 

 

 

 

 

 

 

En retournant sur St-Laurent on s’arrête dans un tout petit village et allons nous baigner. Voilà qu’alors tous les enfants du village débarquent,  s’amusent et se baignent avec nous. Super moment de partage avec les petits bout’chous. Ici on se croirait en Afrique, les gens sont super black. La Guyane est vraiment très diversifiée.

Ptit village

 

 

Vendredi nous avons pris rendez-vous avec M. Lee, un hmong qui habite vers Javouhay. Il fait des balades dans la forêt accompagnée de plein d’explications sur les plantes et les arbres. Nous partons donc le matin pour visiter ce petit village hmong qui nous immerge dans un autre continent. On a vraiment l’impression d’être en Asie. Les gens ont des traits asiatiques et la nourriture aussi !!!Javouhay

  

Les Mhongs sont arrivés en Guyane dans les années 75. La famille Lee nous raconte son histoire. Le grand-père a été militaire pour la France. Puis pendant les troubles au Laos, le gouvernement français leur a proposé de venir s’installer en France, ils n’ont pas voulu. Puis on leur a proposé la Guyane, qui reste française mais avec de grandes forêts et un climat plus semblable à celui de leur pays. La famille Lee a accepté et l’Etat français leur a procuré du terrain pour la maison et les cultures donc de quoi avoir du travail. On retrouve beaucoup de cas similaire à Javouhay qui depuis est devenu un village hmong. Les gens ont gardé leurs habitudes et traits du Laos. On retrouve des hmongs aussi à Cacao (village non loin de Cayenne), un peu au Canada et aux Etats-Unis.

Après cette parenthèse historique, nous partons avec le jeune Théo découvrir un peu piègeles environs.

Il nous amène d’abord un bout en pirogue sur le fleuve Aquerouani puis nous partons faire une boucle dans la forêt. Là nous apprenons des tas de choses sur utilisation de certains arbres, sur la fabrication de pièges (pour oiseaux, mammifères plus ou moins gros,…) et aussi sur les animaux.

 

 

 

 

 

Théo et son piège pour mammifèresCertains arbres ont tendances à éloigner les moustiques, d’autres sont creux et peuvent servir de percussion, d’autre ont des vertus dans leur lait, certaines sèves peuvent servir à fabriquer de la colle, des fourmis peuvent servir d’agrafes… nous ressortons de la forêt bien content et avons vraiment passés un bon moment de découverte et d’apprentissage. Théo, qui a 19 ans connait vraiment bien son environnement.

 

foret.jpg

 

jeu d'Awala

  

 

Samedi, nous partons pour la plage d’Awala-Yalimapo. Là-bas se déroule un week-end de jeux amérindiens. Les gens s’inscrivent par groupes et participent à diverses activités comme le monter de cocotier, le lancer de javelots, le porter de pirogues, le tir à l’arc,…. L’ambiance est rigolote, et l’animateur vraiment pas très doué  la plage est super belle et nous profitons bien de la journée à manger des cocos, se baigner, faire du feu…

 plage d'Awala-Yalimapo

soiree-a-Awala-Yalimapo-copie-1.jpg

Le soir un concert de musique amérindienne clôture la soirée, au rythme des tambours et des danses de femmes. Une journée bien sympathique où on s’est bien marrés.  Ça y est c’est le dernier soir chez les internes, demain retour à Cayenne. En tout cas on a passé de super moment dans cet internat et on a fait de bonnes rencontres.

Dimanche c’est le retour dans notre première colloc, on retrouve tout le monde, on retourne sur la playa,…

 

Lundi un petit tour à l’aéroport pour ramener Aurore qui retourne chez elle en Guadeloupe. Journée plutôt tranquille…

Mardi il pleut beaucoup mais nous partons quand même nous promener l’après-midi dans la forêt pendant une éclaircie. Une belle balade dans cette végétation qui est rapidement bien dense. Malheureusement l’accalmie était très courte et nous finissons la promenade sous la pluie. Nous rentrons tremper jusqu’aux os !!!

sentier-de-la-Mirande.jpg

 

 

Toff a eu la bonne idée de réserver une visite au centre spatial de Kourou, de là où partent les fusées Ariane 5.reproduction fusée Ariane

La visite est gratuite et dure environ 3heures durant lesquelles un bus nous emmène sur le site du centre spatial, très étendu, 650 km2 . Nous visitons quelques bâtiments, dont celui du lancement, où tout se déroule le jour J au niveau technique. Puis nous pouvons approcher de l’ancienne base de lacement d’Ariane 4, qui va bientôt être détruite. zone de lancementEnsuite, nous voilà à la base de lancement d’Ariane 5 , qui va d’ailleurs décoller dans une semaine.

 

centre-de-lancement-copie-1.jpgOn est vraiment où se trouvera la fusée dans 1 semaine. Les structures sont impressionnantes, environ 50-60 mètres de haut.  On nous donne plein d’informations sur les chiffres soit : 240 tonnes d’ergol (carburant) dans chacun des 2 boosters, poids au décollage 800 tonnes, 7 à 10 tonnes de satellites, 1500m2 d’eau pour refroidir la plateforme de lancement et maintenir les émissions de gaz toxiques, vitesse entre 28000 et 34000 km/h, altitude 36000km, 4 moteurs dont au centre le fameux moteur vulcain, prix de l’envoi d’un satellite environ 25000$/kg de satellite(en moyenne 4 tonnes….), etc…  

Nous finissons l’après midi par la visite du musée spatial, où on apprend encore plein de trucs sur l’astronomie, les fusées, les satellites… satellite du musée

 

Ça y est nous nous préparons à quitter la Guyane. Le dernier jour, nous faisons les préparatifs et les derniers achats utiles…

 

Nous partons demain matin en stop pour la ville de St-Georges d’ Oyapoque à la frontière brésilienne, où nous prendrons une pirogue pour traverser le fleuve Oyapoque et nous retrouver au Brésil…l’aventure continue dans un nouveau pays!!!

Iguane à la maison

 

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Published by Ga et Toff - dans 12-2010 GUYANE
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