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4 novembre 2010 4 04 /11 /novembre /2010 12:33

 

Avec la saison des pluies c’est aussi le ramadan qui commence. On constate alors que tout le business est ralentit, les marchands de beignets et de nourriture, très présents au bord du goudron préparent moins de choses, la boite de nuit du coin n’ouvre plus le jeudi, les marchands ambulants se font un peu plus rare et il y a moins de monde dans les cabarets et les maquis. Par contre à cette période c’est les enfants qui font la fête et qui animent les rues de la ville. Les jeunes garçons, dans la journée, fabriquent dans des gros sacs en plastique tressé des pantalons et des maillots et dans du carton ils fabriquent des masques.

enfant-masque.jpg

Le soir, déguisés, ils sortent avec leur bâton et leur fouet et font des allers-retours sur le goudron provoquant les autres masques et faisant peur aux autres enfants du quartier. Ceux-ci d’ailleurs on peur des masques mais ne manquerai pour rien au monde leurs défilé dans les rues. C’est très drôle car ils essayent de les approcher le plus possible mais dès que le masque se retourne, ils partent en courant à toutes jambes. Les jeunes masques, accompagnés de leurs musiciens qui tapent sur des bidons en plastique, s’arrêtent dans les maquis, dansent devant les gens en demandant une petite pièce. C’est franchement trop drôle. Les jeunes filles se peignent le corps et avec leurs musiciennes qui tapent sur une calebasse posée dans un sceau d’eau, passent aussi dans les maquis et demandent une pièce.

Les clients pour le camion viennent toujours au compte goutte et on commence  a trouvé un peu le temps long mais on ne sait pas trop comment s’y prendre pour faire avancer les choses. On fait alors imprimer quelques affiches et on continue à tourner de temps en temps en ville pour essayer de trouver des clients. Pendant le temps libre on en profite pour faire nos colliers et moi je prépare tout un article sur la fabrication des balafons. Avec les gens de l’association les mains cornées, on a décidé d’acheter un peu d’artisanat en Afrique et on va essayer de vendre ça lors de nos stages ou de certains marchés du coin. Cet article sur les balafons est vraiment intéressant à faire car j’apprends encore énormément de choses sur la fabrication de ceux-ci.10-On-rabote-encore-les-lames.jpg

26-choix-de-la-calebasses.jpg

On en profite aussi pour aller visiter un faiseur de statue en bronze et voir toute la fabrication de celle-ci. Franchement c’est incroyable de voir le travail qu’il faut pour fabriquer une statue. C’est là qu’on se rend compte que la main d’œuvre ne coûte rien ici.  Des heures de travail pour gagner quelques euros …. c’est complètement fou.

Si non, ici, comme j’ai dis un peu plus haut, c’est la saison des pluies et c’est vraiment impressionnant de voir à quelle vitesse les caniveaux se remplissent et les dégâts que l’eau peu faire dans les rues et sur les maisons. Il y a beaucoup de maisons en terre et trop de pluie signifie l’écroulement de la maison. Tous les jours on voit des maisons qui manquent ou avec un mur en moins sans compter les écoulements de boue sur la route qui forme une vraie piste sur le goudron. C’est incroyable, il y a des caniveaux qu’on a toujours cru bouchés Canivaux.jpgcar ils étaient plein de déchets en tous genre mais un bon coup de pluie et hop y’a plus rien …. D’ailleurs à chaque pluie les gens sortent avec leurs poubelles et hop dans le caniveau. Chez nous on nous parle de pollution ou d’écologie mais on devrait plutôt commencer à sensibiliser les africains et leur donner les moyens de se débarrasser de leurs déchets.  C’est bien beau de faire des gros chèques au président pour se soulager la conscience mais ou va cet argent et à quoi sert t’il, ça on s’en moque.

 

 

 

 

 

 

 

Huges-et-Gema.jpg

 

 

De temps en temps il y a quelques touristes qui viennent visiter la fabrication des balafons et comme on habite là, on les rencontre forcément et on passe souvent un peu de temps avec eux et visitons la ville de Bobo Dioulasso. Je pense particulièrement à Hugues (français) et Gema (espagnole) ou encore Joël (marseillais d’origine Béninoise),  Amaya(espagnole) et leurs 2 enfants avec qui on a passé de forts bons moments. Bonjour d’ailleurs à vous tous.

 

 

Je voulais aussi vous parler d’un truc incroyable. Lorsque qu’une femme a accouché d’un bébé mort né, c’est la grande tristesse. Lors de son deuxième accouchement, pour être sûr que le bébé survivra, la femme passe avec le nouveau né dans une bassine et tout le monde lui fait des offrandes en tous genres afin que celui-ci ne soit pas ramené à dieu et voilà ce que ça donne ! Étonnant non !Le-nouveau-ne.jpg

 Le mois du ramadan commence à tirer à sa fin mais toujours pas d’acheteur. On en a de plus en plus marre sachant que l’on doit bientôt rentrer car on a appris que le grand frère de Gaeline (même père même mère…) se marie fin octobre. Pour nous c’est un peu les grandes questions qui se sont posées mais que faire sinon venir partager cet unique moment avec son frère. Par contre si on veut voir un peu ses parents avant le mariage, il faut rentrer avant le 23 septembre car à cette date ils partent en Malaisie. C’est vrai qu’on en a un peu marre aussi du quotidien de là-bas car il y a beaucoup de problèmes et très très peu de solutions.  J’en ai aussi marre du riz sauce et des pâtes au gras, de la pluie qui nous tombe dessus pendant le nuit, du bruit et de la vie en totale communauté  ou de la pluie qui nous cloitre à l’intérieur. On a besoin d’un peu de changement maintenant. Franchement pour vivre en Afrique dans les conditions des africains et ben faut être très très fort, la vie quotidienne n’est pas simple, ce sont des gens vraiment courageux, qui vivent si simplement et ne se plaignent que très rarement.

Il nous est arrivé une petite aventure pas très sympathique une nuit. Nous sommes partis faire la fête dans un maquis et sommes rentrés un peu tard. Un fois endormis, Toff me pousse du coude et me dit que quelqu’un est dans la maison. Il a aperçu une flamme de briquet deux fois vers sa tête avant de réaliser que quelqu’un se baladait dans la pièce. L’ayant averti « eh mon ami », l’homme s’en est allé en courant. Nous sommes sortis et n’avons trouvé personne dans la cour, même la porte de la cour était fermée. Toff me dit alors « j’ai peut-être halluciné ou rêvé », mais pas de doute possible, une trace de pied nu mouillée de grande taille dans notre chambre nous a prouvé la venue de cet intrus !!!! En tout cas ça la fou mal et nous sommes un peu choqué et n’arrivons pas bien à nous rendormir. Le lendemain on se rend compte que notre I Pod a disparu, merde alors. Mais bon ce n’est que du matériel et nous n’avons rien eu donc…plus le temps passe et mieux on arrive à dormir !!!

Deux semaines plus tard, un pote me dit que son frère a vu en ville chez un revendeur de téléphone, un I Pod de la même couleur et de la même capacité que le mien, je n’en reviens pas. Nous allons donc en ville faire semblant de vouloir acheter un I Pod. Le revendeur me le présente, même couleur, même capacité, mais plus la même musique…..tant pis…mais en regardant de plus près dans les paramètres je vois apparaître « Gaeline »….ouahhh le voleur a changé la musique et tout mais n’a pas pu changer l’administrateur…j ai donc retrouvé mon I Pod après deux semaines, dans une ville africaine ou il y a plein plein de revendeur de téléphone partout…bol bol.

Vieille-mosquee.jpg

Vieille mosquée de Bobo

 

Photo d'un horloger au grand marché de Bobo

Un-copain-horloger.jpg

Deux semaines avant notre départ, la vieille de la cour nous dit que nous devons quitter la maison car sa belle-fille, à qui appartient la maison, reviens à bobo pour 2-3 jours. Tout le monde est étonné car cette belle-fille ne dormira certainement pas dans cette maison qui tombe et que se ne sont que des histoires d’argent. Elle est un peu frustrée que nous donnions un loyer à la vieille…jalousie…

Nous déménageons donc dans la pièce d’un ami qui ira vivre chez ses parents le temps de notre séjour. Nous nous retrouvons alors dans notre cour du début, avec la grande famille et tous les enfants. A part les trous dans le toit de tôle qui permettent des fuites sur notre matelas et les scorpions que nous découvrons, tout se passe relativement bien.

Un jour nous tombons en ville sur le futur acheteur du camion, un jeune bien intéressé qui fait venir son mécano pour regarder le camion de près. Pour une fois, et c’est ce qui nous a bien motivé, l’acheteur est là directement en face de nous, sans intermédiaire infinissables qui prennent du temps et de l’argent. Ce jeune veut utiliser pour faire du transport de marchandises, au lieu de deux charrettes avec des ânes !!! Deux jours plus tard on lui donne notre accord pour son prix et partons dans une grande journée de paperasse, accompagnés de son mécano. Il faut d’abord aller au ministère  des transports remplir un formulaire et acheter des timbres fiscaux avant d’aller à la police. Arrivés à la police, on nous dit que comme c’est un camion qui vient de l’étranger, il nous faut un autre formulaire…il faut retourner au ministère des transports, ils auraient pu nous le donner tout de suite ce deuxième formulaire mais bon…On repasse aussi à la maison chercher le passeport de Toff on sillonne la ville pour trouver la carte d’identité de notre jeune acheteur. Il est bientôt 15 heures et nous avons de nouveau rdv à la police. Avec tout les formulaires ok, ils nous font tous les papiers pour faire l’interpole (être sûr que ce n’est pas un camion volé), mais comme interpole est à Ouaga il faut tout faxer et attendre encore deux heures avant d’avoir le dossier complet. A 18h nous retournons une dernière fois à la police dans le suspens de la réponse !!!! Ok Ok ils nous font le dossier et ça y est nous pouvons enfin remettre les clés à notre acheteur qui est…à l’autre bout de la ville ! Avec quand même un petit pincement au cœur, nous abandonnons notre vagabus, qui nous a quand même tellement servi pour se magnifique voyage…nous arrivons à la maison à 19h, après 9 heures d’allers-retours dans la ville, pour une dernière journée, on aura encore bien roulé !!!!!!

Et voilà l’étape camion est terminée après 22181 kilomètres. Jamais de grosse panne, moteur Mercedes top one !!!

Et nous préparons notre retour en Suisse pour le mariage du frèro. Nous passons notre dernière journée à Bobo le vendredi 10 septembre, jour de la fête de la fin du ramadan. Tout le monde est bien habillé, bien coiffé, et toutes les familles préparent une grande bouffe à partager. Nous achetons deux poulets que nous partageons avec la famille et préparons aussi nos sacs et nos cartons avec tout le matos que nous ramenons. Ça fait tout bizarre de se dire que l’Afrique touche à sa fin mais on est quand même content de changer de quotidien. Le jour du départ, c’est les adieux dans tout le quartier, les dernières photos et les accolades avec tous nos amis et familles.Fete-du-Ramadan.jpg

Nous prenons le bus pour Ouaga, environ 5-6h et allons manger avec Marc qui nous attendait à la gare de bus. Décollage à 1h du mat destination Niger, puis Casa pour une mini escale et enfin après 24heures de voyage depuis Bobo, nous apercevons nos ptites Alpes par le hublot. 

Nous avons la tête remplie de belle images, de belles rencontres, de la chaleur des africains et de leur bonne humeur. On restera toujours attiré par ce continent si spécial, si attirant si beau dans sa diversité de cultures. Et il faudra bien qu’on y retourne avec nos enfants pour leurs présenter leurs tontons et tantines africains JNous-deux.jpg

 

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4 novembre 2010 4 04 /11 /novembre /2010 12:15

Sans avoir prévenu on débarque alors à Bobo à la grande surprise de tout le monde…ils n’en reviennent pas et se demandent si c’est bien nous. Tout s’organise vite fait, on reloue notre maison qui s’écroule un peu chez la vielle, on installe notre matelas et on vide le camion. Commence alors les 1ères discutions et les 1ers clients qui défilent à la maison. En ce moment c’est la saison des pluies. Il pleut presque tous les jours ce qui ralentit un peu le business. Pour s’occuper lorsqu’il y a la pluie, on se dit qu’on pourrait faire quelque chose. Et voilà que sur les très bons cours de notre nouvel ami Draman, on se met à fabriquer des colliers. Fabrication-des-colliers.jpg

On achète quelques marchandises (fil, perles, pate de verre, terres cuites, graines etc…..) avec lui et nous voilà parti pour de longues heures de montage. Les clients pour le camion passent toujours de temps en temps et nous on se ballade aussi un peu histoire de trouver des clients. Pour l’instant les prix proposés sont un peu trop bas et on doit encore ‘’grouiller’’ pour trouver des clients.

Dans la semaine notre grande sœur Sali nous demande si on ne pourrait pas amener des gens dans un village non loin de là car une femme du coin ouvre un petit cabaret (bar à tchapalo) là-bas. Elle nous dit que tout le monde va cotiser (500 CFA, 0,80 Cts d’euros) pour mettre l’essence et aller là-bas. 

Depart pour le village

Tout le monde monte dans le camion et on nous remet la somme convenue, mais on n’accepte pas et l’argent est alors redistribué. Tout le monde nous remercie mille fois pour ce que l’on fait alors que nous, on trouve ça normal. Il faut dire qu’ici, au 1er abord, les gens semblent solidaires et généreux mais ce n’est vraiment pas le cas (sauf avec les étrangers) et que quelqu’un leurs fasse ce genre de cadeau paraît inespéré. Rien n’est gratuit normalement ! Nous voilà donc partis pour le village avec une bonne vingtaine de personnes plus les percussionnistes et les instruments. Pas possible d’inaugurer ce genre d’endroit sans musique, c’est évident.Dans-le-nouveau-cabaret.jpg

Le camion est plein à craquer et nous partons sur les pistes remplient d’énormes flaques d’eau. Franchement ce camion passe vraiment partout et dans toutes les conditions. Je pense mille fois que ça ne va pas aller mais on fini toujours par trouver la voie. Une bonne heure de route après nous arrivons dans le village il est environ 10h30. On passe par le cabaret, les percussionnistes s’installent, on boit une ou deux calebasses de tchapalo et on va faire un petit tour dans le village car c’est le jour du marché. Toujours aussi colorés et animés, les marchés en Afrique respirent de couleurs de d’odeurs. Plus tard on retourne dans le cabaret pour voir un peu les musiciens. Tout le monde commence à être bien chaud et quelques personnes commencent à danser. Les vieux sont aussi présents pour boire une calebasse ou deux.Dans-le-nouveau-cabaret-1.jpg

Il est maintenant 14h environs la fête est à sont maximum mais il ne reste plus de tchapalo L ….. Ils ont bus à environ 50 personnes, 300 litres en 4h…..pas mal non ? Il faut alors rassembler tout le monde et demander la route. Pas question de partir comme ça nous dis la responsable, il faut d’abord manger. Ils préparent alors le repas et au menu de ce midi … chenilles et tô….gloupss. Moi je mangerai les chenilles et Gaeline le tô et une ou deux chenilles J .Les-chenilles.jpg

Le tô c’est le plat typique en Afrique. C’est de la farine de mil, de maïs ou de blé mélangée avec de l’eau et cuite dans de l’eau. Ca donne une espèce de pâte blanche entre le gluant, le solide et le liquide. Cette pâte et toujours servie avec de la sauce à base de feuilles ou de quelques légumes. Franchement c‘est pas terrible mais c’est incontournable on est obligé d’en manger car dans les villages il n’y a que ça. On mange donc ce bon repas, on rassemble les troupes et c’est parti. Nous voilà de nouveau sur les pistes avec les grandes flaques d’eau. Le retour se passe sans problèmes et arrivés à la maison on dépose tout le monde au cabaret. Les vieilles nous somment de rester encore un peu car les musiciens vont jouer pour nous remercier. On reste encore une chanson ou deux et on quitte tout le monde sur les rythmes des balafons et des djembés. Il est environ 18h et on est un peu fatigué mais on a passé une vraiment bonne journée en dehors de la ville.

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4 novembre 2010 4 04 /11 /novembre /2010 11:58

Nous  voilà de nouveau à la frontière du Burkina car on a décidé de vendre notre camion dans ce pays avant de continuer l’aventure. A notre grande, même très grande surprise, les policiers nous disent que toutes les lois ont changées et que le visa simple entrée est maintenant de 94000 CFA (143 euros) contre environ 30000 au mois de mars !!!!! Pas le choix on doit payer sinon, on reste là !!!! Une petite halte repas dans une petite ville et nous revoilà à Ouagadougou.

Arrivee-a-Ouaga.jpg

 

On téléphone à notre pote qui ne peux pas nous héberger mais qui nous conduit dans un petit hôtel sympathique. Là-bas on rencontre toute une équipe de filles françaises avec leur prof qui sont venues pour prendre des cours de danse africaine. Pour nous, pas de repos possible car on doit faire valider notre visa et essayer de refaire mon passeport car il n’y a plus de place dedans pour les visas. Grace à notre pote policier tout se règle assez rapidement. Le soir on discute pas mal avec les filles qui sont sur la fin de leur séjour et qui prépare une petite soirée de départ. Au programme : danse, musique et barbecue. Plutôt sympa ! La fête est très réussie jusqu’au moment où le voisin, armé, menace tout le monde d’arrêter sinon selon lui ça va mal finir… pourtant il n’est même pas 9 heures.Stage-de-danse-Ouaga.jpg

Tant pis on finira par de longues discutions  en mangeant toutes les bonnes salades qu’elles ont préparées. Le lendemain nous partons à l’ambassade de France pour mon passeport. Pas de chance, une panne informatique déprogramme les démarches et on doit revenir le lendemain. On décide alors de partir à Bobo et on verra plus tard comment on fait. Les grandes villes ce n’est pas ce qu’on préfère. 

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