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9 août 2010 1 09 /08 /août /2010 13:39

De contacts en contacts nous nous retrouvons dans un centre de formations pour le tissage traditionnel. Atelier de tissageAvec des aides financières de Suisse Contact, la directrice du centre arrive à former de jeunes filles durant 3 ans et leur permettre d’avoir un avenir etMetier-a-tisser.jpg de préserver un métier traditionnel. Les machines coûtent chères mais le centre est bien doté. Les pagnes, les couvertures et les foulards tissés sont magnifiques et sont le fruit d’un travail de longue haleine. Pour une idée, une machine à coudre coûte 75000 CFA ( environ 110 euros), une machine à broder 450000 CFA ( 680 euros), un métier à tisser vertical ou horizontal 120000 CFA (180 euros) et une grand métier à tisser 1 million 500000 (2200 euros). Ces sommes représentent beaucoup pour ici, mais la directrice rentabilise au maximum ces machines et donne un avenir possible à beaucoup de jeunes filles à travers ce centre.

 

 

Nous visitons aussi un centre d’apprentissage, qui permet d’offrir un diplôme reconnu à des jeunes dans divers métiers manuels. Le centre comprend des cours de maçonnerie, de mécanique 2 roues et de couture. Bientôt ils espèrent ouvrir des classes de menuiserie aussi. Les élèves (« apprenants » comme ils disent), passent quelques semaines dans le centre avec des cours théoriques et pratiques et font ensuite des stages chez des patrons. Il est fou de constater que 5 ans auparavant, il n’existait aucun diplôme de ce Apprentis-macons.jpggenre pour les métiers manuels. Bien sûr des jeunes étaient former, mais uniquement avec un patron et n’avaient à la fin aucun diplôme, simplement une bonne expérience. Un mécanicien pouvait donc être excellant, mais sans aucun niveau théorique et peut-être même sans être aller à l’école pour apprendre un peu le français. Le centre d’apprentissage combine donc la théorie et la pratique et permet aux élèves de sortir avec un bon niveau et un diplôme reconnu par l’état, normal non !!!

Tanougou

Pour terminer le bénin en beauté, nous partons à la découverte du nord, près du parc national du Penjari. Comme la saison des pluies a commencer, nous n’allons pas entrer dans le parc à la découverte des animaux mais allons passer 2 jours tranquilles près de cascades magnifiques. Cascade-Tanougou-1.jpgCascade-Tanougou.jpgNous découvrons alors une région verdoyante et de superbes maisons en terre formants de magnifiques villages. Les cultures poussent et les gens travaillent aux champs. C’est la grande période pour les cultures.

Femme allant au marchéNous avons la chance de voir le marché du village s’animer et sommes toujours autant surpris de la distance que peuvent parcourir les femmes pour aller vendre au marché. Certaines marchent plusieurs heures sous le soleil portant enfants au dos et d’énormes charges sur la tête. C’est pourquoi les marchés s’animent souvent plutôt vers midi, laissant le temps à tout le monde d’arriver de toute la région.

En rentrant vers le camion, nous rencontrons une femme burkinabé qui rentre chez elle avec ses 2 enfants et ses minis courses. Elle aura dépensé 300 CFA (50 centimes d’euros) pour trois jours de condiments.3 maggi cubes, quelques feuilles pour la sauce et des haricots. Avec le maïs qu’elle a à la maison elle pourra faire le tô…et voilà. C’est dans ces moments là qu’on se rend vraiment compte de quoi vivent les gens. Je lui prends le petit qui s’endore dans mes bras et Toff prend sa bassine pour l’aider un peu et nous la raccompagnons chez elle, quelques maisons en terre au milieu des champs de maïs. Elle se débrouille un peu en français et nous dit qu’elle est contente car c’est la première fois qu’elle discute avec des blancs. Un échange simple qui nous a fait autant plaisir à nous qu’à elle.

  Village-au-nord-du-Benin-copie-1.jpg

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Published by Ga et Toff - dans 07-2010 BENIN
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9 août 2010 1 09 /08 /août /2010 12:46

Nous appelons Renée, que nous avions rencontrée à Grand Popo. Elle nous accueille alors à bras ouverts chez elle, à Abomey, entourée par toute une famille qui forme un village dans la ville. Une des cours les plus grandes qu’on ait jamais vus. Chez-Renee.jpgComme nous nous sentons très bien chez elle et avec elle, nous resterons finalement une bonne semaine. Comme elle vient ici depuis très longtemps, elle connaît très bien le coin et nous fait découvrir de très beaux endroits. Nous partons une journée dans le nord pour découvrir une belle région pleine de collines et de verdure.Nord-du-Benin-Dassa.jpg Le lendemain nous allons avec Toff et les jeunes de la maison visiter le musée historique d’Abomey. Il y a en effet beaucoup d’histoire dans cette ville, où beaucoup de rois se sont succédés laissant comme héritage plein de palais et temples parsemés à travers la ville. L’histoire du royaume dura entre le 17ème et le 19ème siècle et cette période fut marquée par le commerce des esclaves, la cruauté des rois et les guerres. Le musée nous fait découvrir la vie des rois à travers une visite de leur palais, surtout celui du roi Ghézo. Car chaque roi faisait construire son nouveau palais, mais tous ne sont pas ouverts aux visites. On peut donc visiter les cours intérieures, les chambres (où on ne peut pas rentrer si on a eu des relations sexuelles le jour d’avant ou si la femme est indisposée), et les tombeaux où sont enterrés le roi et ses femmes. En effet, une fois le roi « parti en voyage » (c’est comme ça qu’ils disent quand il est décédé, jamais on ne prononce qu’il est mort), 41 de ses femmes se sont « sacrifiées » volontairement pour être enterrées avec lui dans le tombeau, grand honneur pour elles et leurs familles. Certains murs dans les tombeaux sont même recouverts de sang, celui des esclaves bien souvent…étrange atmosphère…

Nous avons aussi visité un site archéologique. En construisant la route, un bulldozer est tombé dans un trou et ça a été la grande découverte et l’arrêt des travaux pour la route. Sur 3-4 hectares, on a fait des fouilles et découvert plein de trou « caverne » creusés dans le sol. Il s’agit en fait de trous creusés par l’armée à l’époque du 17ème, 18ème siècle, pour feinter l’ennemi. Il pouvait s’y cacher pendant plusieurs jours ou se dérober aussi en pleine bataille pour esquiver l’ennemi. Il y a en fait plusieurs salles. Une principale et deux ou trois petites autour. Même un garde-manger et une réserve d’eau provenant de la pluie (la terre en haut filtre l’eau et la terre d’en bas la stocke, ingénieux !!!)

Nous partons un matin visité la ferme d’un ami à Renée. Endroit bien reculé dans la brousse où cet homme a fait construire un puits et tente de cultiver plein de choses. Il fait aussi une sorte de pépinière où des petits papayers voient le jour, des orangers, des palmiers, des hibiscus (bissap) et des avocatiers. C’est vraiment une belle ferme et une bonne initiative.    

Sesam

 

 

Qui peut nous dire ce qu'est ce fruit ???????

 

 

 

 

 

Nous sommes aussi allés rendre visite à des sœurs qui gèrent un orphelinat. Beaucoup d’enfants, peu de moyens, mais une force et une foi qui les faits tenir et les faits avancer. Ils sont en train de construire une petite école et c’est impressionnant de voir tout ces enfants, tout âges confondus, s’amuser et tenir le coup tous ensemble.

A quelques kilomètre d’Abomey, nous sommes allés rencontrés un prêtre qui s’investit corps et âme dans un dispensaire (Davougan). On se demande comment cet homme tient le coup, du matin au soir à voir défiler des centaines de patients. Même si les gens n’ont pas les moyens, on les soigne et ils donneront ensuite ce qu’ils peuvent. C’est un centre pilote pour le sida aussi. Ils accueillent et soignent des sidéens à différents stades de la maladie. Beaucoup finiront leur vie dans le centre et souvent les gens ne sont vraiment pas âgés. C’est difficile de se rendre compte et d’accepter ça mais que faire… Ils soignent aussi beaucoup beaucoup d’enfants anémiques. La plupart du temps, les enfants sont aussi atteints du paludisme, on les perfuse alors avec la quinine et d’autres nutriments pour les aider. Il y a vraiment beaucoup de patient et le travail est énorme. Le centre est aussi équipé d’un petit « village » pour permettre aux patients qui sont en convalescence de vivre le mieux  possible. Il y a souvent un membre de la famille qui vit là avec le patient, qui fait la cuisine, la lessive, la toilette,… ils pensent même à faire intervenir un instituteur pour les enfants qui restent longtemps dans le centre. De nouveau on ne peut qu’admirer avec quelle force les médecins font leur travail, dans des conditions vraiment difficiles. Ils nous expliquent que bien souvent, ils doivent envoyer le patient à l’hôpital pour certaines opérations qu’ils ne peuvent accomplir, tout en sachant que le famille ne pourra certainement pas payer et qu’ils vont le laisser à la maison…mais que faire dans ces cas là...les médecins font déjà tout ce qu’ils peuvent.

Lorsqu’on voit ce genre d’initiatives (orphelinat, dispensaire,…), on ne peut qu’admirer le travail qui est accompli, même si ce n’est vraiment pas facile. Il y a tellement de problèmes et si peu de moyens. Mais heureusement, on trouve ces personnes qui se consacrent entièrement à la vie des autres et qui se donnent un maximum. Foret-chez-monique.jpg

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Published by Ga et Toff - dans 07-2010 BENIN
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9 août 2010 1 09 /08 /août /2010 12:25

Porto Novo est la capitale administrative du pays mais c’est une ville beaucoup plus calme que Cotonou et bien plus petite. Il y plus de musée, de culture, d’histoire avec beaucoup d’anciennes maisons coloniales. Grande-mosquee-Porto-Novo.jpgAprès avoir tourné chez les assureurs du coin pour renouveler l’assurance du camion, on se dirige vers le centre Songhaï où on va essayer de trouver une chambre. Après de nombreuses discutions et aller-retour on fini par nous trouver une petite chambre avec les stagiaires pour un prix modique. Dans ce centre on fait presque tout, de la production à la vente directe. Ils font de l’élevage (poules, caille, dindons, cochons, agouti (sorte de ragondin  ……) de l’agriculture, de la mécanique, du moulage, de la poterie, etc  Les produits cultivés servent à nourrir les animaux et les gens. Leurs déchets servent à produire de l’engrais pour les cultures ou du biogaz qui servira à produire de la lumière ou de la chaleur pour faire fonctionner le centre Songhaï. Divers produits comme du jus de fruits, du savon ou encore du riz complet sont produits et vendus dans le centre. Tout est bio et ils ne manquent pas d’idées pour avoir un site complet et bien géré. Ils font aussi beaucoup de formation, pour permettre aux jeunes de pouvoir s’installer plus tard et reproduire ce qu’ils ont appris. Sur place il y a un hôtel, un guest house, un restaurant, une cafeteria, un cyber café, une petite boutique… C’est vraiment un chouette endroit qui donne beaucoup d’idées pour l’avenir.

Mosquee-a-Porto-Novo.jpg

Le lendemain nous partons faire la visite du musée d’ethnographie qui se trouve dans le centre ville. Ce musée raconte l’histoire et les coutumes des gens de diverses régions du pays. Nous avons une bonne discussion politique avec le guide avant de commencer la visite. L’exposition  est divisée en plusieurs parties qui racontent la naissance, la vie et la mort. La vie des béninois est marquée par les rituels qui les accompagnent tout au long de leur vie. La maman enceinte part, par exemple, chez un prêtre qui fait des oracles pour prédire comment se passera la grossesse et la future naissance. Les bébés sont ensuite munis de divers gris gris de protections (colliers, tours de taille,…). Le passage à l’âge adulte est aussi accompagné d’un rituel de passage. On nous explique aussi la dote que le mari doit préparer pour trouver une femme et qu’il donne ensuite à la famille de la mariée.

Une partie de l’exposition est consacrée aux masques geledes (« guélédés »), de l’ethnie Yoruba. Ces masques, qu’on porte sur la tête comme un chapeau, représentent des situations sociales et aident les enfants à connaître la façon de se comporter dans des situations variées. Ces masques sont très beaux et bien différents de tous ceux qu’on a vu jusqu’ici.

Au sous sol une exposition temporelle nous donne un aperçu du roi de Porto Novo qui était, à l’époque de la colonisation, un fervent admirateur des français. C’est à cette époque que Porto Novo fut mis sous protectorat français (vers 1883).

Le Bénin (ancien royaume du Dahomey) était divisé à l’époque en plusieurs royaumes, dirigés par des rois de la même famille. Encore aujourd’hui les rois existent dans chaque royaume, mais ont beaucoup moins de pouvoir qu’autrefois où ils avaient le droit de vie ou de mort sur n’importe quel sujet. Une époque qui fait froid dans le dos.

Après ces quelques jours bien intéressants nous partons visiter Akim, à Allada, un peu plus dans le nord. Il habite dans la maison de Suisses qui sont entrain de construire. C’est une amie, Lola, qui était allée là-bas il y a quelques mois. Nous sommes super bien accueillis et avons même la surprise de découvrir une salle de bain dans notre chambre et un évier dans la cuisine. Ça paraît bête mais j’ai vraiment été hallucinée de pouvoir faire la vaisselle dans un évier avec de l’eau courante. Ça faisait bien 6 mois que ça ne nous était pas arrivé et que nous faisions la vaisselle dans notre sceau en allant puiser de l’eau par ci par là. C’est dans ces moments là qu’on se rend compte comme la vie est facile chez nous et comme on s’habitue vite aussi à ne plus avoir d’eau courante !!!

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Published by Ga et Toff - dans 07-2010 BENIN
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23 juillet 2010 5 23 /07 /juillet /2010 19:32

Nous partons ensuite un peu à l’ouest vers Cotonou à la ville de Ouidah. Cette ville est riche de culture car il y a une histoire forte sur l’esclavage. On se trouve un petit hôtel et on part sur la route des esclaves (appelée dans leur langue la route du sang).Statue-1-ouidah.jpg Cette route fait 4 km de long et rejoins la plage où se trouve la porte de non retour. Elle est bordée de statues symbolisant les rois de l’époque. Les esclaves étaient échangés par les rois contre des pacotilles, pipes, faïences, bijoux, cauris ou encore canons. Il fallait une quarantaine de pipes pour un esclave alors qu’un canon valait entre 12 et 15 hommes ou 21 femmes. Les esclaves étaient alors enfermés dans une petite cabane sans lumière et sans commodités pendant plusieurs semaines. Cela afin de les habituer à la vie dans les bateaux. Ceux qui étaient trop faibles ou qui mourraient était jetés dans la fosse commune. Ensuite, enchaînés, les esclaves prenaient la route et passaient devant l’arbre de l’oubli. Les hommes devaient faire 9 tours et les femmes 7. Cela permettait aux esclaves d’oublier d’où ils venaient et d’oublier leurs vies passées. Plus tard un autre arbre fut planté, l’arbre du retour, signifiant le retour des esprits des gens exportés.

Les esclaves arrivaient alors à la porte de non retour                                                  porte-de-non-retour-ouidah.jpgoù des petites pirogues les attendaient afin de les amener sur les gros bateaux amarrés au large. Sur les bateaux les conditions n’étaient pas meilleures, ils étaient entassés tels des animaux. Beaucoup d’entre eux sont mort pendant ces voyages. Autour de cette histoire forte beaucoup d’organisme ont offerts des monuments afin que tous ces gens déportés ne soient jamais oubliés. Statue-2-Ouidah.jpgIl faut dire aussi que si certaines personnes sont encore racistes beaucoup on passés sur ce drame et les gens essayent maintenant de voir de l’avant et non de l’arrière. Ils se servent de l’esclavage comme une partie de l’histoire qu’il faut raconter et non comme un drame qu’il faut venger. Nous ça nous fait froid dans le dos et on a du mal à croire que des gens ont pu faire de telles choses. On peut aussi parler des enfants des esclaves qui on réussit en Amérique ou en Europe et qui reviennent fort de leurs expériences, avec de nouveaux savoirs et techniques. Le vaudou a été amené en Amérique Centrale par les esclaves africains et on peut ainsi observer les différents mix culturels entre le catholicisme et le vaudou, les différents carnavals et la cuisine.

 

Porte-du-retour.jpg

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23 juillet 2010 5 23 /07 /juillet /2010 19:13

Nous prenons aujourd’hui la route qui même au Benin. Cette route qui longe la mer est plutôt jolie comme souvent. On passe par le port en eau profonde de Lomé, une des fiertés de la capitale (on n’arrête pas de voir des pubs sur ce port) avec tous ces containers, ces grues et ces énormes bateaux. Un peu plus loin nous faisons une petite escale  pour aller dire bonjour à Edouard (il est français), un pot de pot, qui gère un hôtel plutôt luxe sur le bord de mer. Incroyable il a 19 ans et gère seul un hôtel complet. Nous voilà maintenant à la frontière Togo-Benin. Les formalités sont rapidement réglées et moins d’une heure après, un record, nous sommes au Benin. On ne savait pas mais il y a une heure de décalage (de plus par rapport au Togo).

La 1ère escale sera la petite ville de Grand Popo qui se trouve au bord de mer. Grand Popo est une ville de pêcheurs assez touristique, étendue et calme. La saison touristique n’ayant pas commencé il n’ y a presque personne. On se retrouve, seuls, au bord de l’eau, dans le camping d’une auberge….. grand-popo-camping.jpgLa classe et la tranquillité. On avait vraiment besoin de ça car l’Afrique c’est très bruyant et on a souvent du mal à bien dormir, même avec des bouchons d’oreilles !!!

Au petit matin nous voilà repartis pour la capitale car il faut que l’on fasse renouveler nos visas. Il y a 80 km mais on met 2h30 car il n’y a qu’une seule route et beaucoup de bouchons à l’entée de Cotonou. Ici la circulation est vraiment dense et à chaque minute je crois que je vais écraser quelqu’un. Entre les Zems (motos taxi) qui passent n’ importe où, les motos, les voitures, les camions toujours prioritaire, les piétons et les trous sur la route que tout le monde cherche à éviter, il faut vraiment être patient, prudent et être le roi du slalom. La ville de Cotonou est plutôt grande et espacée. Il y a de grands boulevards en double files. Autour de nous les maisons sont bien construites en ciment et souvent à plusieurs étages. Ça parait bête mais quand on a l’habitude de voir des maisons basse, voir des étages comme ils disent ça fait drôle. Par contre dès qu’on sort des grandes rues c’est direct la terre qui reprend ses droits. Avec la saison des pluies, les énormes trous se remplissent d’eau et bonne chance pour leurs traversées. Bon on arrive à la direction de l’émigration- immigration en temps et en heure. Commence alors une vraie partie de coude pour savoir comment renouveler notre visa entente ou en obtenir un nouveau. Une seule personne est là pour donner des renseignements et enregistrer tout le monde. On comprend qu’il pète un peu les plombs mais comment faire si ce n’est insister. Impossible d’obtenir au Bénin un visa entente qui permet de circuler dans les 5 pays de l’entente (Burkina, le Togo, le Bénin, le Niger et la Côte d’Ivoire). On se demande pourquoi il existe ce visa !!!! On opte finalement pour un visa uniquement Bénin prêt en 48h. Comme souvent on a envie de se taper la tête contre les murs quand on a à traiter avec les autorités africaines. Allez, un petit tour au grand marché nous fera oublier un peu tout ça. Avec ses allées dans tous les sens, ces marchands en tous genres et sa diversité de couleur et d’odeur, le grand marché de Cotonou est assez intéressant mais un peu oppressant.marche-Cotonou.jpg On y passera 1h30 environ avant de décider de retourner au calme sur notre jolie plage de Grand Popo. 1h30 plus tard nous voilà de retour à notre camping. On va dire bonjour aux pêcheurs qui se trouvent un peu plus loin, histoire de voir si on peut avoir quelques crevettes ou langoustes. Ils sont très sympa et comme y’a jamais de problèmes, ils nous préparerons cela pour le lendemain. Une bonne assiette de pâte à la vache kiri et c’est l’heure d’aller au dodo. Petit déjeuné « continental » (pain, miel, café, chocolat, Nutella, confiture, lait concentré sucré…) comme tous les matins, un de nos seuls reste culinaire de l’occident et la journée peut commencer. On nettoie un peu le camion, on fait un peu de lessive, on tchatche avec les guides qui veulent nous faire visiter la région, et le pêcheur nous amène une grosse langouste et 40 écrevisses. La journée suit son train. À 15 heures, nous avons RDV avec quelqu’un pour faire une visite de la mangrove et des petits villages alentours. On va d’abord voir, chez des gens, une tortue de mer en captivité. Sur la plage de Grand Popo, à la bonne saison, 6 espèces de tortues viennent pondent des œufs dans le sable. Les habitants ayant, pendant longtemps, mangés ces œufs ont compris que l’extinction des tortues était proche. Ils collectent donc ceux-ci et les mettent dans des couveuses. Une fois que les bébés naissent et qu’ils grandissent un peu, ils les remettent à l’eau. Nous voyons un de ces bébés qui a grandi en captivité.

La visite continue ensuite par un petit tour en pirogue dans la mangrove. Toujours aussi impressionnante avec ses racines qui partent du haut pour rejoindre l’eau. Cette espèce de forêt ultra dense est vraiment belle.

mangrove Grd PopoLa pirogue nous amène vraiment à l’intérieur de cette petite mangrove au grand plaisir de nos amis les moustiques. Nous traversons maintenant la rivière pour rejoindre une cabane de pêcheur et un temple vaudou. À la cabane nous découvrons la manière de pêcher les écrevisses avec ces nasses et ces appâts. On a aussi beaucoup d’explications sur la forêt qui nous entoure. Nous voilà maintenant à l’entrée d’un temple vaudou. Ici il y a beaucoup de prêtres vaudous et toute une culture autour de cela. On a d’abord une explication sur quelques bouts de métal plantés dans une pierre. Ceci représente en fait un fétiche qui sert à protéger lors des voyages. Il nous dit aussi que ce que l’on voit ce n’est rien, c’est juste une représentation physique, un fétiche étant avant tout un esprit. Quelque chose que l’on nourrit, que l’on appelle et que l’on vénère. Ici les gens pensent que les morts ne sont pas morts, ils pensent que l’esprit reste. Les prêtres vaudous sont des personnes qui peuvent communiquer avec eux et ainsi leurs demander certaines choses. On reconnait un temple vaudou car il y a toujours un drapeau planté devant. Souvent blanc et quelques fois noir ou rouge. On rentre ensuite dans une vieille maison abandonnée mais où il y a encore des cérémonies car il y a toujours les esprits. On découvre ainsi un temple typique avec sa salle d’attente, sa salle de consultation, la salle de rituels et les salles de repos car certaines fois les patients ne peuvent pas rentrer chez eux, ils doivent donc dormir sur place. Étrange ce lieu de culte. On a ensuite une explication sur une feuille magique que l’on appelle « tape pas ta femme ». Cette feuille a un côté clair et brillant et un côté mate et un peu râpeux. Si on met 2 feuilles ensemble, qu’on les plie et que l’on tape fort dessus les couleurs s’inverse ! ça nous explique que si tu frappes ta femme un jour celle-ci va se retourner et partir ! Tu auras alors tout perdu ! Assez étonnant !

On remonte alors dans la pirogue pour aller dans le petit village voisin. Dans ce village il y a beaucoup de temples vaudous. Il y a aussi beaucoup de fétiches qui protègent soit les maisons soit tout le village. Certains éloignent les mauvais esprits, d’autres protègent de la foudre ou des voleurs.

fétiche Grd-PopoC’est incroyable de voir le nombre de fétiches qu’il y a. C’est souvent des vielles poteries ou de vieux pots de fer, quelques fois à l’abri sous une petite cabane, quelques fois à l’intérieur d’une maison bien construite et bien clôturée. On voit aussi un arbre magique car le 1er habitant qui est arrivé dans ce village a voulu couper tous les arbres qui était là. Après son travail, un a repoussé, il l‘a coupé de nouveau, l’arbre a repoussé, il l’a encore coupé, il a encore repoussé. L’homme est alors allé voir un féticheur qui lui a expliqué que c’était normal car la nature voulait lui dire qu’il ne peut pas couper tous les arbres et qu’il doit en laisser au moins 1. L’arbre est alors devenu un lieu incontournable du village et un célèbre fétiche que les gens nourrissent et vénèrent. Au bord de la mer on admire aussi les anciennes maisons coloniales portugaises. On peut monter tout en haut d’une et ainsi voir bien loin à l’horizon.Grand-Popo.jpg

 La visite se termine par la dégustation d’une noix de coco fraîchement cueillie. On a passé un super moment à la découverte de la culture et de l’histoire béninoise pour le moins riche et compliquée. De retour dans notre champ on se fait un petit repas et on va voir la fin du match de foot à la TV. On rencontre alors Renée et Geneviève qui sont de passage à Grand Popo. Renée était mariée avec un africain et depuis sa mort elle revient régulièrement au Bénin afin de rendre visite à la famille. Geneviève est venue avec elle pour sa 1ère fois en Afrique. Renée nous donne son adresse à Abomey un peu plus au nord et nous dis que ça lui ferai plaisir qu’on lui rende visite si on est par là. Allez c’est maintenant l’heure d’aller au dodo.

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Published by Ga et Toff - dans 07-2010 BENIN
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