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22 février 2010 1 22 /02 /février /2010 22:56

Le no man's Land

Nous voilà maintenant à la frontière du Maroc et de la Mauritanie dans ce qu’on appelle le No Man’s Land. Au début, on ne se représente pas bien ce que c’est mais quand on y est alors tout prend son sens. Le No man’s land est une zone de désert de 9 km de long encerclée de douaniers et de flics mauritaniens et marocains mais aussi entourée de mines…..Il ne faut pas quitter le chemin chaotique pour ne pas dire cauchemardesque qui sépare les 2 douanes. En dehors de la route défoncée et du décor désertique on aperçoit quelques cadavres de voitures abandonnées à leurs tristes sorts qui reflètent bien l’ambiance qui règne ici.

 Comme ce bout de terre n’appartient à aucun de ces 2 pays, personnes ne se décide à construire une route, malgré le nombre de voitures qui passent tous les jours. Il est quand même difficile de comprendre pourquoi il ne se mettrait pas en commun pour mettre un peu de goudron et peut-être essayer de déminer un peu plus l’endroit. Il faut savoir que quelques jours avant notre passage, un mauritanien voulant frauder la frontière s’est fait exploser sur une mine laissant derrière lui plusieurs blessés !!! Cet endroit nous laisse une drôle de sensation et nous sommes assez tendus lors de la traversée.

 Il est déjà 5 heures du soir et on espère quitter le coin assez rapidement mais tout dépendra de la bonne volonté des douaniers mauritaniens (l’idée de dormir ici ne nous emballant pas trop trop…). Les quelques voitures avant nous passent assez rapidement (environ 1h30) et c’est notre tour. Tout ce passe longuement mais bien et nous voilà en Mauritanie à 21h environ. On trace le plus vite possible pour rejoindre la petite ville de Nouadhibou qui se trouve à 30 km de là.

On passe 1 nuit dans un petit camping où l’on fait quelques rencontres mais cette ville ne nous semblant pas très accueillante nous reprenons la route le matin suivant direction Nouakchott la capitale.

La route qui dure environ 5 heures traverse le désert occidental et c’est un décor vraiment  désertique fait de dunes, de sable, de plateaux un peu broussailleux, de dromadaires….. qui nous accompagne sur cette route magnifique.

La route sans sable 3La route sans sable 2

Parfois le vent souffle si fort que la route devient presque imperceptible tellement elle est recouverte de sable 

La route avec le sable

Sans oublier bien sûr nos copains les flics et les douaniers qui sont là très régulièrement pour nous demander les « fiches de renseignements » (on pense qu’on en a données  7…..) ou essayer de prendre quelques sous avec nous, ce qui ne marche pas (il faut être dur sinon on aurait déjà été dépouillé de tous nos sous !!!). Les fiches de renseignements sont en fait de simples bouts de papiers qu’on remplit avec nos noms, prénoms, numéros de passeports,… en fait le minimum d’informations sur nous, ce qui nous évite de passer du temps à chaque poste de contrôle. On en rigole et on se demande souvent si cela sert à quelque chose, mais bon, on se fait à la paperasse de chaque pays 

Arrivés à Nouakchott on va directement dans un camping qu’on nous a conseillé quelques jours auparavant.

C’est une petite auberge tenue par une française où de nombreux voyageurs se retrouvent pour échanger quelques bons moments ou quelques aventures de route et aussi souvent de bons tuyaux pour la suite. On y reste quelques jours le temps que la suissesse puisse obtenir son visa pour le Sénégal (qui entre parenthèse, ne coûte vraiment pas grand-chose par rapport aux autres pays, 5 euros). On fait une visite de la ville (assez petite pour une capitale). On ressent bien la différence avec le Maroc et on commence à se sentir en Afrique. Les odeurs, les petites boutiques de tout et de rien, les couturiers, les barbiers, les chèvres qui mangent tout sur leur passage, les enfants dans les rues, en gros la chaleur africaine qui commence à nous envahir. On visite aussi le port, très connu pour l’arrivée en masse des pêcheurs à bord de leurs pirogues très colorées.

Port de Nouackchott

Malheureusement nous ne voyons pas l’arrivée, mais avons le grand « plaisir » de découvrir tous les poissons tout juste débarqués. Les gens écaillent, tranchent des têtes, vident les poissons. L’odeur n’est pas toujours facile à supporter mais c’est super intéressant et tellement surprenant. On décide d’acheter de grandes crevettes pour se faire une petite bouffe le soir entre nous, mmmhhh….

Les passagers du camion

A l’auberge, ayant rencontré Eric (belge, venu en stop jusque là, on se demande des fois comment …..), Jenny et Simon (français venu eux en bus) Neiké et Martin (suissesse et slovaque venu eux aussi en bus), nous nous rendons compte que tout le monde continue dans la même direction (le sud). Alors on charge tout le monde dans le camion et nous voilà repartis pour Rosso la frontière entre le Sénégal et la Mauritanie.

On parcoure environ 3 heures de route dans le désert pour arriver à Rosso. Là on dépose Jenny et Simon, qui continuent en Mauritanie, on mange un peu et on reprend la route qui longe la frontière pour arriver au barrage de Diama (cette frontière étant réputée pour être plus tranquille que celle de Rosso, avec moins d’embêtements et de bakchichs).

Cette route n’est pas une route, c’est une piste !!!!! Elle longe le fleuve Sénégal. Le camion souffre beaucoup car il y a énormément de trous, de sable et de dévers, mais le jeu en vaut la chandelle  (merci à Eric qui nous a motivé pour passer par là). C’est tellement magnifique avec ces petits étangs pleins d’oiseaux (pélicans, cormorans, hérons…..) et ces petites forêts où l’on voit à la tombée de la nuit les phacochères qui fouillent pour se nourrir. La piste dure environ 3 heures et au bout du compte nous voilà arrivés à la frontière Mauritanienne, porte de sortie pour le Sénégal.

Phacocher

Pelican

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Published by Ga et Toff - dans 02-2010 MAURITANIE
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